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Fil d’Ariane du forum – Vous êtes ici :F o r u mF o r u m s: L'anosmie, témoignagesAnosmique ... de naissance?

Anosmique ... de naissance?

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J'ai un odorat très peu développé, du plus loin que je me rappelle. Les odeurs doivent être assez fortes pour que je les remarque. S'il y a des fleurs, je dois me coller sur celles-ci pour percevoir une faible odeur. Si un collègue a beaucoup sué, je peux le sentir, mais autrement, je ne perçois rien. Je peux aussi sentir le homard qui est devant moi, par exemple, mais je possède très peu d'associations entre des aliments et des odeurs: 3 ou 4, peut-être, homard inclus. Je me rappelle l'odeur du bord de la mer. Je peux sentir le gazon pendant que je le taille, mais ça ne va pas plus loin pour l'environnement extérieur.

J'avais toujours pensé que la cause devait être que j'avais été trop paresseuse pour porter attention aux odeurs, mais ça ne fait pas très longtemps que j'ai compris que les gens ne semblent pas avoir fait d'efforts particuliers pour développer leur odorat. Je me suis déjà dit aussi que peut-être que le fait que mes parents fumaient lorsque j'étais enfant avait pu interférer avec le développement de mon odorat, mais les parents fumeurs n'étaient pourtant pas rares à l'époque.

Pour ma propre odeur, selon la sensation de sueur ou selon que j'ai eu chaud, je devine ce qu'elle doit être selon des commentaires passés et je ne prends pas de chance.

C'est peu probable que ce soit dû à une maladie, car ma mère s'est arrangée pour que je n'attrappe à peu près rien pendant ma petite enfance et je n'ai aucun souvenir d'avoir porté attention aux odeurs, du plus loin que je me rappelle.

Je suis peut-être dans une bonne position pour tenter de voir si je peux développer un peu plus mon odorat en l'exerçant consciemment, mais comme c'est presque abstrait pour moi, je ne pense jamais à y mettre des efforts!

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Bonjour à tou.te.s,

Cela faisait longtemps que je n'avais pas fait de recherches sur l'anosmie sur internet et me voilà donc sur ce forum, à lire vos témoignages qui ressemblent à ce que je pourrais en raconter. La similitude entre certaines micro-situations que j'ai vécues est même troublante.

Je suis une femme de 43 ans et je n'ai jamais rien senti. J'ai fini par comprendre que cela n'était pas tout à fait normal vers 12 ans. Avant cela, je pensais que cela viendrait avec le temps, que ça viendrait...J'ai moi aussi lancé des "ça sent bon!" à ma mère lorsqu'elle cuisinait, étant par ailleurs très gourmande, comme une chose à dire quand quelque chose de bon se prépare. J'ai sniffé des bouteilles d'ammoniac ou de vieux parfums en ayant l'impression de sentir vaguement quelque chose (de désagréable).

Lorsque j'ai annoncé la chose vers 12 ans, ma situation familiale était compliquée et personne dans mon entourage n'était vraiment prêt à le recevoir, si bien que personne ne m'a crue. Et j'ai mis ça de côté. Sauf une fois, au collège, dans un cours de sciences physiques, lors d'une expérience dégageant une odeur d'oeuf pourri. Le professeur, incrédule face à mon insolente absence de réaction contrastant avec celle de mes camarades, m'a mis le tube sous le nez (sur-réaction horrifiée de mes camarades!). Un bref et franc snif snif a mis tout le monde d'accord, je n'avais pas d'odorat!

Vers 18 ans, devenue autonome, je suis allée voir un ORL, un ancien, qui ne m'a pas crue lui non plus. Il m'a fait sentir un nombre incroyable de fioles, en vain. Et en me répétant que ce n'était pas possible. Et c'est dans ce cabinet qu'ont cessé mes recherches sur mon anosmie, dont je ne connaissais pas le mot à l'époque, internet commençant à peine.

Cela ne m'a jamais handicapée, m'étant construite sans savoir ce que permet la perception des odeurs. Ce sont les discussions sur le sujet, que j'affectionne beaucoup, qui me font comprendre à quoi sert l'odorat. Lorsque j'habitais Paris, cela me semblait même être un immense privilège. Je me méfie quand même du gaz et craint un peu ne pas sentir l'odeur du cramé. C'est sûr que l'odorat me serait utile bien des fois, pour identifier si un aliment est bon, déterminer le linge sale, épicer les plats autrement qu'au "pif" (une expression créée pour les anosmiques?). J'avoue que plus l'âge avance, plus ma curiosité se mêle de frustration quand il s'agit des odeurs de plantes, de fleurs, de champignons et aussi et surtout des être humains!

Mais ce qui me frappe le plus, c'est à quel point les gens autour de moi ne parviennent pas à enregistrer cette information. Je le précise pourtant régulièrement par la force des choses. Et alors même que les gens ayant de l'odorat autour de moi me font comprendre à quel point ce sens est un vecteur de mémoire. Ce qui m'a longtemps interrogée sur comment fonctionner la mienne.

Il y a quelques années, j'avais trouvé un numéro d'un service hospitalier spécialisé à Nantes, mais je n'ai jamais sauté le pas. D'autant que les anosmies de naissance semblent être incurables.

Mais je me suis souvent demandé : que serait ma vie d'un coup si je retrouvait l'odorat et découvrait à mon âge ce qu'est une odeur? Peut-être que des personnes venant sur ce forum ont vécu ce genre d'expériences, qu'il me plairait de lire.

Bonne continuation à tou.te.s et merci pour vos témoignages.

 

 

ORL et chirurgien cervico-facial Clinique santé Atlantique Avenue Claude Bernard 44800 Saint Herblain

 

Psychologue / psychosociologue – Cabinet KAIROS Analyse 73 Rue de la Gare, 61100 Flers

 

Diététicienne – nutritionniste 53 Boulevard du Général de Gaulle, 61440 Messe